Au n°1 de l'avenue Junot se trouve le Ciné-théâtre 13 dont le propriétaire est le réalisateur Claude Lelouch. C'est un ancien théâtre construit dans les années 1970 dans lequel le cinéaste a tourné Edith et Marcel (La chanteuse Edith Piaf et le boxeur Marcel Cerdan) en décorant la salle dans le style 1940.
mardi 24 mars 2015
L'assassin habite au 21
Jusqu'au début du XXe siècle, le quartier actuellement traversée par l'avenue Junot s’appelait "Maquis de Montmartre". A mi-chemin entre le village et le bidonville, le Maquis accueillait des chiffonniers, des ferrailleurs, des clochards et des gens qui vivaient dans la bohème.En 1912, l'avenue Junot est percée et devient un lieu de villas très bourgeoises comme celle qu'occupait le dessinateur Francisque Poulbot (au n°13) connus pour ses illustrations représentant des titis parisiens appelés "poulbot" du nom de leur auteur.
Au n°15, l'architecte autrichien Adolf Loos a construit une maison pour le fondateur du mouvement Dada, Tristan Tzara.
Et on passe du numéro 15 au numéro 23 ! Le numéro 21 n'existe pas, et pourtant le réalisateur Henri-Georges Clouzot nous dit dans le film qu'il réalise en 1942 que l'assassin habite au 21 à la pension des Mimosas, qui n'a jamais existé.
Au rendez-vous des voleurs
Le cabaret ouvert en 1860 s'appelle alors le Rendez-vous des Voleurs. Il devient quelques années plus tard le Cabaret des Assassins car des gravures représentant des meurtriers sont accrochées au mur.
Le propriétaire demande alors à André Gill, un caricaturiste du quartier, de lui peindre une enseigne.
Le "lapin à Gill' devient le "lapin agile".
C'est une sorte d'autoportrait du peintre, puisqu'il avait participé à la Commune et avait réussi à échapper à la répression.
En 1886, le cabaret devient un café-restaurant-concert ("caf'conc') que fréquente le chansonnier Aristide Bruant, le peintre Henri Toulouse-Lautrec et l'écrivain (qui habite au 5 rue d'Orchampt) Georges Courteline.
Au début du XXe siècle, c'est le lieu incontournable de la bohème artistique à Montmartre : Max Jacob, Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso...
Du Chevalier de la Barre aux canons de la Commune
La rue du Chevalier de la Barre longe le Sacré-Coeur... un exemple encore du combat sur les symboles entre l'Eglise et la mairie socialiste de Montmartre à la fin du XIXe siècle.
Le chevalier de la Barre était un jeune noble de 19 ans qui au milieu du XVIIIe siècle a été accusé d'avoir profané des lieux de culte catholiques. Il a été torturé (on lui a arraché la langue car il avait chanté des chansons qui se moquaient de la religion), puis décapité et brûlé pour blasphème et sacrilège.
Il devient un symbole de l'arbitraire de la justice et de l'intolérance religieuse dénoncés par les Philosophes des Lumières. Voltaire prit sa défense et fait le récit de son martyre dans son dictionnaire philosophique, dans l'article "Torture"
Dominique Dattola raconte cette histoire dans un documentaire, Les trois vies du chevalier" Lorsque le chevalier de La Barre, petit-fils d'un lieutenant général des armées, jeune homme de beaucoup d'esprit et d'une grande espérance, mais ayant toute l'étourderie d'une jeunesse effrénée, fut convaincu d'avoir chanté des chansons impies, et même d'avoir passé devant une procession de capucins sans avoir ôté son chapeau, les juges d'Abbeville, gens comparables aux sénateurs romains, ordonnèrent, non seulement qu'on lui arrachât la langue, qu'on lui coupât la main, et qu'on brûlât son corps à petit feu ; mais ils l'appliquèrent encore à la torture pour savoir combien de chansons il avait chantées, et combien de processions il avait vues passer, le chapeau sur la tête. »
Quant au Sacré-Coeur, il fut construit sur le terrain où commença le 18 mars 1871 l'émeute qui donne naissance à la Commune. Le gouvernement Thiers, nommé par l'Assemblée nationale à majorité monarchiste élue le mois précédent et qui est installée à Versailles (d'où l'expression les "Versaillais" pour désigner les adversaires des "Communards") essaie de s'emparer des canons de Montmartre achetés par les habitants pour se protéger des Prussiens.
La France vient de perdre la guerre contre la Prusse, l'armistice est signé en janvier 1871 le jour même où est proclamé l'empire allemand. Paris a été assiégé pendant 4 mois et pourtant les républicains parisiens refusent la capitulation. L'armée qui essaie de récupérer les canons est mise en déroute par les Montmartois.
L'insurrection se répand dans Paris et une guerre civile commence : les troupes versaillaises assiègent Paris. La Commune qui se forme alors avec les Parisiens insurgés prend des mesures révolutionnaires : droit du travail, droit des femmes, abolition de la
peine de mort, séparation de l'église et de l'Etat..
Lorsque les Versaillais reprennent Paris, une terrible répression s'abat sur les Communards : ils sont exécutés par milliers. C'est la Semaine Sanglante (21-28 mai 1871)
D'autres sont déportés, comme Louise Michel, un des dirigeantes de la Commune qui passe 9 ans en Nouvelle-Calédonie avant d'être amnistiée en 1880.Le Sacré Coeur, un symbole anti-révolutionnaire
Le Sacré-Coeur est une église construite sur le point culminant de Paris.
Sa construction a été décidée pour "faire pénitence" de tous les péchés qui selon l'Eglise expliquaient "les malheurs" de la France dans les années 1870-1871 (la défaite, l'occupation, la guerre civile).
Cette église imposante a été construite en plein coeur de Montmartre, principal théâtre de la Commune : un territoire où les Républicains étaient majoritaires dans un pays où les monarchistes l'emportent aux élections législatives de février 1871. Cette construction a donc été vécue comme une humiliation par les anciens Communards.
Aujourd'hui, cette église est inlassablement photographié par les touristes. Elle est toujours blanche car elle a été construite avec une pierre calcaire, le calcin, qui blanchit quand il pleut.
Les escaliers qui descendent du Sacré-Coeur jusqu'au pied de la colline font aussi un décor de cinéma idéal. Une des scènes les plus importantes du Fabuleux destin d'Amélie Poulain s'y déroule.
Sa construction a été décidée pour "faire pénitence" de tous les péchés qui selon l'Eglise expliquaient "les malheurs" de la France dans les années 1870-1871 (la défaite, l'occupation, la guerre civile).
Cette église imposante a été construite en plein coeur de Montmartre, principal théâtre de la Commune : un territoire où les Républicains étaient majoritaires dans un pays où les monarchistes l'emportent aux élections législatives de février 1871. Cette construction a donc été vécue comme une humiliation par les anciens Communards.
Aujourd'hui, cette église est inlassablement photographié par les touristes. Elle est toujours blanche car elle a été construite avec une pierre calcaire, le calcin, qui blanchit quand il pleut.
Les escaliers qui descendent du Sacré-Coeur jusqu'au pied de la colline font aussi un décor de cinéma idéal. Une des scènes les plus importantes du Fabuleux destin d'Amélie Poulain s'y déroule.
samedi 21 mars 2015
Jean-Baptiste Clément et le temps des cerises
Jean-Baptiste Clément était un chanteur et un poète. Il a habité à plusieurs adresses de la butte (53, rue Lepic, 110 rue Lepic, cité du Midi). Il fut élu au comité central de la Commune par le XVIIIe arrondissement. Il se battit jusqu'au bout en 1971 sur une barricade. Il réussit à se cacher. Condamné à mort par coutumace (c'est-à-dire en son absence), il fut amnistié en 1976 et revint à Paris.
Il a composé en 1867 une très belle mélodie, "le temps des cerises", chantée ici par un Yves Montand :
Sur la place qui porte le nom de Jean-Baptiste Clément, un cerisier a été planté en souvenir du compositeur.
Studio 28 : l'âge d'or de Luis Buñuel
Le studio 28 est le plus ancien cinéma de Paris encore en activité. Il a été créé en 1928.
Cinéma d'avant-garde, la salle projette en 1930 L'âge d'or du cinéaste espagnol Luis Buñuel.
Les militants d'extrême-droite crient au scandale et bombardent l'écran d'encre et d’œufs pourris. Ils détruisent également les tableaux de Max Ernst et Salvador Dali.
Après deux projections, le film est interdit et le restera jusqu'en....1981.
L'AGE D'OR (1930) - Dali + Bunuel par
Cinéma d'avant-garde, la salle projette en 1930 L'âge d'or du cinéaste espagnol Luis Buñuel.
Les militants d'extrême-droite crient au scandale et bombardent l'écran d'encre et d’œufs pourris. Ils détruisent également les tableaux de Max Ernst et Salvador Dali.
Après deux projections, le film est interdit et le restera jusqu'en....1981.
L'AGE D'OR (1930) - Dali + Bunuel par
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